Réalisé par Florian Hessique.
Le film suit Marius de Villeduc (Patrick Chesnais), un acteur autrefois célèbre mais aujourd'hui criblé de dettes après une longue traversée du désert. Pour toucher son cachet et se remettre à flot, il est contraint d'accepter une clause particulière : participer à une interminable tournée d’avant-premières en province pour le nouveau film de Richard Favard (Florian Hessique), un réalisateur ambitieux qu'il ne connaît pas. Marius se retrouve alors embarqué dans un bus à travers la "France profonde", entouré d'une équipe hétéroclite. Ce qui devait être une simple opération marketing se transforme en un road-trip chaotique où les egos se heurtent, les salles de cinéma rurales réservent des surprises et les vérités éclatent.
Le point fort du film réside incontestablement dans sa distribution, réunissant plusieurs générations d'acteurs emblématiques : Patrick Chesnais (Impérial en acteur bougon et désabusé, il porte le film avec son ironie mélancolique habituelle), Thierry Lhermitte (Dans le rôle d'Yves, il apporte une touche de légèreté et un sens de la répartie qui rappelle ses meilleurs rôles de comédie), Martin Lamotte (Il incarne Philippe Müller, un personnage pivot qui navigue entre les caprices des uns et les exigences de la production), Richard Berry (Joue Grégory Laurent, l'agent ou le producteur aux abois, complétant ce tableau de figures historiques du cinéma), et Florian Hessique (À la fois devant et derrière la caméra, il joue le rôle du réalisateur dont le film sert de prétexte à cette aventure). Le film montre l'envers du décor que le public ne voit jamais : les chambres d'hôtel de zone industrielle, les buffets froids dans les petites salles de village et la fatigue des acteurs qui doivent "faire le show" devant dix spectateurs. Le plaisir des comédiens à jouer ensemble est palpable. On sent une réelle complicité entre Chesnais, Lhermitte et Berry. C'est un film qui ose critiquer certains travers du milieu (les subventions, le copinage, l'obsession de la communication) tout en restant profondément bienveillant envers les exploitants de salles et le public de province. Comme tout road-movie, le film connaît quelques baisses de régime, notamment dans sa partie centrale. En outre, l'amertume vis à vis avec le système cinématographique français est parfois marquée, ce qui donne parfois au film un côté un peu grincheux.
VERDICT
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"La Tournée" n'est pas qu'une simple comédie ; c'est une mise en abyme douce-amère. Le réalisateur s'est d'ailleurs inspiré de sa propre expérience lors de la promotion de son précédent film, Le Défi de Noël.