A Chiara
Plate-forme : DVD
Date de sortie : 06 Septembre 2022
Résumé | Test Complet | Images | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Réalisé par ‎ Jonas Carpignano.

Chiara (Swamy Rotolo), 15 ans, vit avec sa famille dans la petite ville calabraise de Gioia Tauro. La sœur aînée de Chiara, Giulia (Grecia Rotolo), a 18 ans, ce que la famille autour du chef Claudio (Claudio Rotolo) fête joyeusement avec des parents et des connaissances proches. Mais le soir de la fête, Claudio quitte précipitamment la fête et la nuit suivante, une voiture explose devant la maison familiale. La mère de Chiara affirme que le père était en voyage d'affaires, mais Chiara ne la croit pas et mène sa propre enquête. Peu à peu, elle découvre le secret de famille et doit décider comment elle veut vivre à partir de maintenant.

Lorsque Jonas Carpignano a présenté son premier long-métrage il y a sept ans, personne, pas même lui, ne pouvait imaginer qu'il en résulterait une trilogie. "Mediterranea" (2015), un drame sur deux réfugiés africains échoués dans la petite ville de Gioia Tauro, dans le sud de l'Italie, a été suivi de "Pio" (2017), un drame sur un adolescent dont la famille rom a échoué dans la même localité il y a longtemps. Avec "A Chiara", un drame sur une adolescente dont la famille mafieuse donne le ton à Gioia Tauro, Carpignano conclut à présent sa trilogie calabraise. Il s'agit de son film le plus fort à ce jour. Carpignano, né en 1984 à New York City et ayant grandi entre la métropole américaine et la capitale italienne Rome, reste fidèle à lui-même. Il réalise des films entre espoir et désenchantement. Son style mêle (néo)réalisme et symboles. La réalité crue, capturée de manière abrupte et sans détour par la caméra à l'épaule agile de Tim Curtin, rencontre des images derrière lesquelles se cache un autre niveau. La nature et les éléments auxquels les hommes sont exposés dans les films de Carpignano servent toujours de métaphores. Dans "Mediterranea", c'était l'eau comme source de vie et tombeau humide, dans "Pio", le feu qui détruisait les choses et brûlait les personnages. Dans "A Chiara", c'est maintenant le brouillard de mensonges et de secrets dans lequel le personnage-titre doit s'orienter. Le réalisme est renforcé par le casting et la méthode de travail de Carpignano sur le plateau. Comme dans les deux films précédents, le réalisateur et scénariste a de nouveau recours à des acteurs non professionnels qui jouent plus ou moins leur propre rôle. Tous les membres de la famille réunis autour de l'excellente actrice principale Swamy Rotolo appartiennent également à la famille de Rotolo dans la vie réelle. Seul le contexte criminel a été ajouté. Et lors du tournage, aucun membre de la troupe ne connaissait le scénario complet, mais seulement les passages concernant son propre personnage. Certaines surprises présentées dans le film ne sont donc pas jouées.

Le dernier film de la trilogie calabraise parle lui aussi de la patrie et de la nostalgie, du départ et de l'arrivée, de la reconnaissance et du rejet. Mais plus encore que cela et que les deux films précédents, il s'agit de la famille. Lorsque "A Chiara" débute de manière totalement abrupte, le personnage principal se muscle le corps dans une salle de sport. Quelques scènes plus tard, elle fête avec sa famille les 18 ans de sa sœur aînée. Une fête exubérante qui est montrée en détail et qui remplit la première demi-heure de ce film. Le public n'assiste pas ici à une famille ordinaire, c'est ce que l'on peut déjà deviner. Mais tout cela ne pourrait pas être plus éloigné de la splendeur et de la gravité de la fête de famille dans "Le Parrain" (1971) de Francis Ford Coppola, tout comme Carpignano a réalisé un film sur la mafia qui ne pourrait pas être plus éloigné de l'image que la culture populaire nous donne du crime organisé. Carpignano parle d'hommes qui sont avant tout des pères, des mères, des filles et des sœurs, et seulement en second lieu des criminels. Ils n'agitent pas d'armes et n'exhibent pas leur richesse acquise illégalement. Ils mènent une vie discrète, voire ennuyeuse. Et lorsque leur fille pose problème à l'école, ils sont sincèrement inquiets. Bien qu'ils enfreignent la loi, ils ne sont pas au-dessus de la loi. Plutôt que d'affronter les représentants de la loi avec des gestes menaçants, voire violents, ils préfèrent les fuir. "A Chiara", c'est un film sur la mafia plein de pragmatisme, tel que son réalisateur l'a observé dans les rues de Gioia Tauro. Enfin et surtout, "A Chiara" est un film familial, un film sur une adolescente, sur son amour pour son père et sur l'amour sans limites de ce dernier pour elle - joué de manière déchirante par Claudio et Swamy Rotolo. Cette dernière, en particulier, reste gravée dans la mémoire avec ses yeux perçants, son regard curieux, plein de doutes et pourtant toujours plein d'espoir. À la fin, son personnage va toujours à la salle de sport et sur la piste du stade d'athlétisme. Typique de la trilogie cinématographique de Carpignano, elle aussi reste en mouvement jusqu'à la fin - et s'est libérée

VERDICT

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Après "Mediterranea" et "Pio", Jonas Carpignano s'intéresse dans "A Chiara" à un troisième groupe social de la petite ville de Gioia Tauro, dans le sud de l'Italie : Les réfugiés et les Roms sont suivis par les membres de la 'Ndrangheta, la mafia calabraise, ce qui permet au réalisateur et scénariste de clore sa trilogie calabraise. Cette conclusion séduit également par des personnages aux multiples facettes, des observations précises et une actrice principale qui captive le public. Un film de mafia qui est aussi un film de famille, présenté dans un mélange inimitable de réalisme et d'exagération métaphorique.

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