Réalisé par William Fruet.
Quand Heather, une adolescente, emménage et travaille dans la maison d'hôtes que sa grand-mère Maude vient d'ouvrir, d'étranges phénomènes se produisent. Des gens disparaissent, comme volatilisés. On tente sans cesse de rassurer la jeune fille. Après tout, que pourrait-il bien arriver de mal dans une maison qui abritait autrefois les pompes funèbres du village ?
Certains films gagneraient à être plus trash. C'est un fait que peu de gens sont prêts à admettre, et ce n'est certainement pas vrai pour tous les films, mais certains films d'horreur à petit budget du début des années 80 étaient en réalité un peu trop bien réalisés. « Funeral Home » est un parfait exemple. Le film s'ouvre sur l'arrivée d'Heather (Lesleh Donaldson) dans une petite ville pour aider sa grand-mère Maude (Kay Hawtrey) à transformer la maison funéraire en maison d'hôtes. Dès les premières scènes, l'intrigue se dévoile brutalement : Maude explique la disparition de son mari croque-mort, la contraignant à convertir l'établissement en maison d'hôtes sous peine de le perdre. Maude a du mal à croire que son mari aurait approuvé la présence d'étrangers dans la maison, mais elle n'a pas d'autre choix. Tandis que Maude traite les invités avec rudesse, Heather se demande pourquoi sa grand-mère garde la porte de la cave cadenassée. Et puis, à qui appartiennent ces voix qui viennent de la cave ? Serait-ce lié aux nombreuses disparitions survenues en ville ces dernières années ? Pendant qu’elle se pose toutes ces questions, qu’est-il arrivé à son grand-père ? Le fait qu’il lui faille presque toute la durée du film (90 minutes) pour rassembler les indices n’est pas très flatteur pour son intelligence. Funeral Home ne cherche pas à surprendre le spectateur. Le réalisateur William Fruet et la scénariste Ida Nelson ont une formule bien rodée, empruntée sans doute au film d'horreur le plus célèbre de tous les temps, et ils comptent bien s'y tenir, quitte à ce que le résultat soit ennuyeux ! Franchement, ils réussissent plutôt bien à respecter les codes du genre et à livrer un film assez soigné. Et c'est bien là le problème. Tous ceux qui participent à la production semblent persuadés de réaliser un polar raffiné. Mais l'histoire et les contraintes budgétaires ne correspondent pas vraiment à de telles ambitions. On retrouve par moments des éléments du film plus vulgaire et moins élaboré : un couple d'invités insupportables (Harvey Atkin et Peggy Mahon) sont traités avec une vulgarité crasse, un homme à tout faire un peu simplet (Stephen E. Miller, qui ressemble étrangement à Donnie Wahlberg dans le rôle de « Benny » de « LA Law » ) rôde en arrière-plan, et une intrigue secondaire bizarre met en scène Heather traquée par un chat noir auquel elle réagit avec une terreur disproportionnée. Mais juste au moment où l'on croit qu'un rebondissement inattendu ou un véritable tournant horrifique va donner une tournure plus intéressante au film, tout retombe dans l'intrigue principale, vite résolue. Le grand intérêt du film réside dans la performance outrancière d'Hawtrey et dans ce qui est sans doute la meilleure prestation féline que nous ayons jamais vue à l'écran.
VERDICT
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Hormis quelques performances félines impressionnantes, Le Cri des ténèbres - Funeral Home est plutôt fastidieux à regarder. Les moments d'horreur sont trop rares et trop fades pour marquer les esprits, et toute l'intrigue est dévoilée dès les cinq premières minutes.