Les Sables du Kalahari (Sands of the Kalahari)
Plate-forme : Blu-Ray
Date de sortie : 21 Janvier 2026
Résumé | Test Complet | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Réalisé par Cy Endfield.

Étrangement similaire, dans ses premières minutes, à « Le Vol du Phénix » (sorti la même année), « Les Sables du Kalahari » débute également par le crash d'un petit avion de ligne dans le désert, laissant un groupe hétéroclite de survivants - cinq hommes et une femme - tenter de s'en sortir. Mais contrairement à l'équipage du « Phoenix », composé de  personnes à l'esprit technique aiguisé, les survivants sont ici bien plus cruels dans la chaleur torride du désert du Kalahari. Ainsi, au lieu de collaborer, le groupe se désagrège rapidement, miné par les conflits internes et les tensions. Le jeune et vigoureux Brian (Stuart Whitman), qui prend d'abord les rênes du groupe, commence à penser que ses chances de survie seraient meilleures s'il y avait moins de monde en manque d'eau et de nourriture. Il décide alors de les éliminer un par un, ce qui donne lieu à de nombreuses confrontations et à un dénouement pour le moins inattendu.  Des babouins tueurs rôdent également, contribuant largement à l'atmosphère de nihilisme et d'épuisement qui imprègne le film, même lorsque les humains se montrent plus efficaces entre eux que la nature. Même présenté comme un film de survie, il n'a rien d'un film réconfortant : il place un dénouement vengeur à la fin d'un récit où l'homme lutte contre la nature, pour un résultat loin d'être idyllique. À certains égards, Les Sables du Kalahari était un film en avance sur son temps : il annonce la noirceur du cinéma des années 1970, rompant avec les clichés rassurants d'Hollywood. Le tournage révèle clairement que le scénariste, producteur et réalisateur Cy Endfield recherchait une expérience délibérément âpre et troublante, brouillant la frontière entre civilisation et survie, où la cupidité individuelle menace la survie collective. Même le décor est désolé, délaissant les dunes de sable stéréotypées au profit de rochers arides et d'une faune suffisamment réduite pour rendre le film encore plus dangereux. Même le héros de l'histoire (qui ramène de l'aide après s'être exilé du groupe) commet un acte terrible juste avant de le quitter ; ces ironies amères contribuent à donner au film une dimension plus moderne que sa date de production.

Tourné en Namibie, le désert devient un personnage à part entière. Le paysage sablonneux, d'une beauté à couper le souffle, et voir les personnages y déambuler sous un ciel d'un bleu cristallin est presque impressionnant, notamment lors des plans aériens. Le spectateur a l'impression d'être sur place, de ressentir la chaleur avec les autres personnages. Le scénariste et réalisateur Cy Endfield maintient une grande authenticité et reste globalement fidèle au livre, à l'exception d'un personnage afro-américain du roman, désormais caucasien. L'utilisation d'animaux réels nous a particulièrement impressionné, notamment les babouins qui jouent un rôle important dans l'histoire, ainsi que la scène d'un scorpion vivant grimpant sur le bras d'un homme. Le seul véritable défaut technique réside dans le nuage de criquets se formant à l'horizon : on dirait de la poussière projetée sur le pare-brise de l'avion, et lorsqu'ils commencent à s'écraser sur la vitre, l'effet est plus proche d'œufs brouillés, un résultat moins spectaculaire que ce qu'espérait sans doute le réalisateur. Nous avons également eu un problème avec le personnage de Sturdevan, le pilote de l'avion, interprété par Nigel Davenport, qui tente de violer Grace (Susannah York) après seulement un jour et demi d'errance dans le désert. Comment est-il possible que des gens abandonnent si soudainement leurs artifices et cèdent à leurs instincts les plus primaires ? Ce même problème se pose avec Grace, qui s'attache sentimentalement à Brian et lui déclare même son « amour » après seulement quelques jours, ce qui, là encore, paraît précipité. Ces scènes romantiques donnent au film des allures de feuilleton et un côté mélodramatique inutile qui ne fait qu'en ralentir le rythme. Whitman, dont la carrière s'est essoufflée après les années 60 et qui s'est cantonné à des rôles et des films moins importants, est ici mémorable. Le personnage qui monte à bord de l'avion à la dernière seconde est d'abord un héros imposant et musclé, et le voir se transformer en un homme égoïste et asocial est intéressant, tout comme les scènes où il est piégé dans un trou. La séquence où il jette un feu dans une grotte remplie de babouins, puis abat les animaux qui s'enfuient, est assez saisissante. Les confrontations directes entre les personnages, notamment celle entre Grimmelman (Harry Andrews) et Brian, puis plus tard entre Brian, Grace et Mike (Stanley Baker), contribuent grandement à la singularité du film. Nous aurions aimé qu'elles soient davantage développées, mais le retournement de situation final est véritablement inattendu et donne lieu à l'une des scènes culminantes les plus originales jamais vues.

VERDICT

-

« Les Sables du Kalahari »  a été un échec commercial. L'intrigue frôle parfois le sordide et le brutal, et elle est loin d'offrir la fin heureuse du « Vol du Phénix » . Cependant, c'est un film fascinant qui tient le spectateur en haleine jusqu'au bout. Et lorsque les babouins font enfin leur apparition lors du dénouement, disons simplement que la confrontation est inoubliable.

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