Jusqu'à présent, Paul ( Jean Dujardin ) menait une vie paisible avec sa femme ( Marie-Josée Croze ) et leur fille ( Daphné Richard ). Dans le cadre idyllique de leur maison en bord de mer, il travaillait sur des bateaux et profitait de la vie. Tout bascula lorsqu'il fut témoin d'un étrange phénomène météorologique. Peu après, il comprit que quelque chose n'allait pas : il avait rétréci. Mais pourquoi ? Personne ne pouvait le lui dire, pas même les médecins qu'il consulta au sujet de son mystérieux état. Et personne ne pouvait l'empêcher de rétrécir davantage, ce qui engendra des dangers totalement inattendus dans sa maison…
Les remakes, comme chacun sait, font partie intégrante de l'industrie cinématographique. Hollywood, en particulier, revisite régulièrement des classiques éprouvés, les remet au goût du jour et tente de les vendre à nouveau au public. Mais d'autres pays aiment aussi puiser dans leurs archives cinématographiques, à la recherche de succès susceptibles de générer de nouvelles recettes. Le dernier exemple en date est * L'Homme qui rétrécit* . Il s'agit d'une adaptation du roman de 1956 du célèbre auteur de science-fiction Richard Matheson ( *Échos* , *Je suis une légende *), et de sa propre adaptation cinématographique , *L'Homme qui rétrécit*, publiée un an plus tard . Si ce dernier film a connu le succès, aucun projet de suite ou de remake ne s'était concrétisé jusqu'à cette production franco-belge. Ce film reste globalement fidèle à l'œuvre originale. Cependant, il a été simplifié sur plusieurs points. Les humiliations subies par le protagoniste dans le roman ont été omises. La frénésie médiatique présente dans le premier film est également absente. De manière générale, Paul et sa famille semblent étrangement détachés du monde extérieur. L'homme qui rapetisse maintient une atmosphère légèrement surréaliste tout au long du film. Le fait que les raisons de cette transformation ne soient jamais expliquées renforce encore cette impression. Par conséquent, un public en quête de réponses claires risque d'être déçu. Les spectateurs qui apprécient l'interprétation y trouveront davantage leur compte. Il est tout à fait possible d'interpréter ce processus de rétrécissement comme symbolique, notamment à une époque où de nombreux hommes se sentent impuissants et laissent libre cours à leur colère.
Ce qui est d'autant plus étrange, c'est la rapidité avec laquelle Paul se résigne à son sort. Il en va de même pour sa famille, qui a pourtant toutes les raisons de désespérer, mais qui ne le laisse guère paraître. Au contraire, le film se livre à quelques réflexions existentielles et philosophiques, surtout à l'approche de sa fin. « L'Homme qui rétrécit » prend alors une tournure presque onirique, en net contraste avec sa partie centrale. Dans cette dernière, le mystère se mue en un danger bien réel lorsque la maison familiale devient soudainement un piège mortel dont il est impossible de s'échapper. Faut-il pour autant le qualifier de thriller, comme le suggère la promotion du film ? La question reste ouverte. Mais cette lutte pour la survie est assurément captivante. Dans l'ensemble, le réalisateur Jan Kounen ( Dobermann , 39,90 € ) a réussi à créer un remake de qualité. Visuellement, le film bénéficie naturellement des possibilités considérablement accrues offertes par la technologie depuis les années 1950. Le jeu des acteurs est tout aussi convaincant, notamment grâce à la performance magistrale de Jean Dujardin dans L'Homme qui rétrécissait . On regrette parfois que le matériau de base n'ait pas été davantage exploité. La variété fait un peu défaut lorsque l'intrigue ne connaît pas d'évolution significative. Néanmoins, même sous cette forme, ce film d'aventure est un ajout bienvenu au paysage cinématographique actuel et possède des qualités intemporelles.
VERDICT
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Adapté du roman et du film classiques, « L'Homme qui rétrécit » raconte l'histoire d'un homme qui, inexplicablement, se met à rétrécir. Ce film n'est pas destiné aux spectateurs en quête de réponses faciles. Le récit manque parfois de variété, notamment en raison de sa structure simplifiée. Cependant, même dans cette version abrégée, il demeure une aventure palpitante à l'atmosphère parfois surréaliste.