![]() Plate-forme : Blu-Ray 4K Ultra HD Date de sortie : 07 Mai 2025 Editeur : Développeur : Genre : film Multijoueur : Non Jouable via Internet : Non Test par Nic0078/10 Réalisé par Clint Eastwood. Comme toujours, l'anti-héros du film reste sans nom, désigné uniquement comme « le Prédicateur ». Il surgit soudainement dans une petite ville de mineurs d'or constamment menacés par un riche homme d'affaires nommé Coy LaHood ( Richard Dysart ) et son fils George ( Chris Penn ). Contrairement aux attentes des mineurs, le prédicateur ne semble pas particulièrement pieux et paraît plutôt réservé. Il convainc la population de se soulever contre l'oppression de LaHood et les y aide. Lorsque LaHood engage finalement le shérif corrompu Stockburn ( John Russell ) et ses adjoints pour chasser les mineurs mécontents et s'emparer de leurs concessions, l'étranger révèle sa véritable nature. Apparemment, lui et Stockburn ont un compte à régler. L'affrontement inévitable entre les deux hommes armés est donc inévitable. Lago était l'enfer, le village de LaHood un paradis. Mais tandis que Lago devient un havre de rédemption, le village enneigé de montagne se transforme en théâtre de mort. La dimension fantastique, ou plutôt onirique, du film de Clint Eastwood est ardemment exploitée par notre réalisateur et méticuleusement mise en scène par le talentueux photographe Surtees et le monteur Cox. Le cavalier pâle du titre apparaît soudainement, s'évanouissant avec la prière de Megan, quinze ans. Puis, comme par magie, il surgit aux abords du village, pour disparaître et réapparaître aussitôt, tel un redresseur de cheveux sarcastique. Il est auréolé d'une aura religieuse, mais pragmatique plutôt que spirituelle. Il peut prodiguer des conseils rhétoriques, mais se distancie avec la dureté habituelle de Clint. Sous sa direction, chaque histoire perd toute rhétorique et tout moralisme. De même que Mick Jagger peut chanter ce qu'il veut « avec cette bouche », Clint Eastwood, avec ce visage, peut dire et faire tout ce qu'il veut. Il peut même prendre ses distances avec son père, Sergio Leone, et déconstruire sans hésitation la structure et l'imagerie du western. Il en résulte une resémantisation de la frontière, appréhendée comme une frontière intérieure, donc énigmatique, impénétrable, obscure, aux accents oniriques : à l'image du film.Un héros métaphysique, juché sur un cheval pâle, arrive moins pour donner des leçons de vie (Eastwood est tout sauf un distributeur automatique de vérité, de morale et de rhétorique) que pour se réapproprier son destin. Tous ne saisissent pas ce que je crois être la véritable motivation du prédicateur. Il n'est pas là pour aider ces profiteuses ; il est là pour affronter son passé, pour s'en libérer. Les leçons qu'il enseigne à Barrett, Sarah et Megan ne sont que des réflexes, des conséquences automatiques. Lorsqu'un homme cherche sincèrement sa voie, il profite aussi à ceux qui l'entourent. Et c'est pourquoi le personnage d'Eastwood est si profondément ancré dans la réalité. C'est l'un des personnages les plus subtils qu'il ait jamais interprétés, et pourtant il est le pivot de l'histoire. C'est lui qui affronte en duel le redoutable Stockburn (l'un des méchants les plus extraordinaires du genre), et comme chacun sait, le duel est le point culminant d'un western. De plus, ce duel, avec son choix original de réunir les duellistes alors qu'ils s'affrontent à bout portant, se regardant droit dans les yeux et révélant un passé sombre et douloureux, est l'un des duels les plus beaux et les plus incisifs – moins épique, certes, mais tout aussi incisif – de tout le western. Et c'est là aussi une tentative de mettre le protagoniste à l'écart. Ce choix de le laisser délibérément en suspens est, je crois, une manière pour Eastwood de codifier ce qui deviendra plus tard, aux yeux de tous, « l'homme eastwoodien » dont je parle sans cesse. Cela lui confère cette ineffabilité que l'on retrouve également chez William Munny dans « Impitoyable » et Frankie Dunn dans « Million Dollar Baby ». Ce sont des antihéros concrets, certes, mais dotés d'âmes fantastiques, hors du commun. Tout comme le cœur et le regard de Clint Eastwood sont hors du commun. La bande originale minimaliste n'est peut-être pas remarquable, mais c'est précisément ce silence omniprésent qui confère au film d'Eastwood la froideur nécessaire que ses personnages incarnent si souvent. VERDICT-Clint Eastwood prouve une fois de plus qu'on peut être à la fois réalisateur, acteur principal et producteur. Son film Pale Rider a redonné vie au western, genre que l'on croyait mort, dans les années 80, et ce, de manière extrêmement divertissante. |