Josey Wales, hors-la-loi
Plate-forme : Blu-Ray 4K Ultra HD
Date de sortie : 07 Mai 2025
Résumé | Test Complet | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Réalisé par Clint Eastwood.

Josey Wales, ancien fermier texan et soldat confédéré, refuse de se rendre aux vainqueurs yankees, surtout lorsqu'ils sont représentés par Terrill et sa bande, responsables du massacre de sa femme et de son fils. Il se cache avec Jamie, un jeune homme qui fut son compagnon d'armes, échappe à toutes sortes de criminels et guide un petit groupe de marginaux vers une nouvelle vie.

Le premier indice se trouve dans le titre. Ce nouveau personnage d'Eastwood possède un nom propre, ce qui le distingue de ses précédents pistoleros, ceux de Leone et des films postérieurs. Il n'est plus un inconnu, même s'il ne sera plus par la suite que le « prédicateur » dans « Pale Rider », avant de retrouver un nom dans « Impitoyable ». Cela signifie qu'il n'existe pas de ligne de crête nette marquant une hypothétique évolution de son personnage, mais que celui-ci s'adapte au film et à son histoire. L'absence de clichés et la présence d'un nom, d'un passé et d'une raison d'être sont assurément révélatrices des intentions d'Eastwood, à la fois réalisateur et scénariste. Car l'histoire de ce brave homme de la campagne, déterminé à retrouver les assassins de sa famille, ne dure que le temps du générique. En effet, durant la guerre de Sécession, résumée dans le générique, Josey Wales est confronté à la violence et à la souffrance de la guerre, qu'il rejette. Mais surtout, nous constatons plus tard qu'il ne se soumet ni aux maudits Nordistes ni ne souhaite poursuivre cette maudite guerre. Il choisit plutôt de rester en marge de la société, là où il trouve sa juste place. Les mots qu'il échange avec Brown Bear seront encore plus révélateurs : un plaidoyer pour la liberté et la véritable rébellion. Ainsi, donner un nom et un visage à un personnage qui aspire à la paix dans son sens le plus pur, c'est le rendre concret, vivant et utile à la société. Si Eastwood n'avait pas nommé ce mythe de la rébellion, il aurait certes fasciné, mais l'aurait aussi rendu plus insaisissable, comme s'il suggérait qu'un homme aussi libre ne pouvait exister. En lui attribuant des coordonnées précises, il parvient en revanche à l'ancrer dans l'Histoire.  L'intention première du film est de parler de paix, de rébellion et de liberté, sans chercher à contourner les règles ni à proposer des solutions narratives ou visuelles captivantes. Un film très naturaliste, qui privilégie la réalité crue à la dimension mythique présente dans « L'Homme des hautes plaines » et que l'on retrouve dans « Pale Rider ». Il est important de noter que, malgré les nobles intentions du film, Eastwood crée un personnage antipathique. Moins que celui qui se rend à Lago pour y semer le chaos, certes, mais certainement pas un modèle de civilité et de bienfaisance, heureusement. Josey Wales est avant tout un bandit. Qu'il ait raison ou tort importe peu pour notre analyse ; ce qui compte, c'est que, pour le monde dit civilisé et démocratique, et selon la loi américaine, c'est un criminel qui doit être éliminé. C'est essentiel. Le film comporte des moments d'antipatriotisme inhabituels chez Eastwood et dans le genre. Josey est donc un bandit craint et recherché. Il abat des chiens d'une balle dans la tête, utilise le cadavre d'un ami pour couvrir sa fuite, tire traîtreusement dans le dos et manifeste d'autres signes de « colère » presque imperceptibles. C'est un rebelle anarchiste qui rejette l'État et le gouvernement au profit du dialogue humain. Ce retour à une certaine dimension primitive de l'éthique n'est pas sans rappeler le rebelle de Jung.  Le film oscille stylistiquement entre un western pur et un western lyrique, sophistiqué et parfois élégant. Mais comme mentionné précédemment, c'est aussi un western très naturaliste, plus fidèle à la réalité historique que dans d'autres films du réalisateur. Cet attachement à l'histoire nous aide à saisir l'invitation à la rébellion lancée par Eastwood. Autrement dit, ce monde n'est peut-être pas fait pour les héros fantomatiques comme ses étrangers, aussi fascinants et irremplaçables soient-ils, mais peut-être est-il fait pour les Josey Wales en colère et rebelles qui aspirent à vivre en paix parmi les hommes.

VERDICT

-

Dans son deuxième western en tant que réalisateur, l'ancien élève de Sergio Leone trace sa propre voie. Le film mêle les thèmes de la barbarie de l'armée américaine (nous sommes à la fin de la Guerre de Sécession), du respect du corps des femmes et de la coexistence entre les peuples. On y retrouve, en substance, certains des motifs qui, à partir des années 1990, contribueront à construire le mythe d'Eastwood en tant que réalisateur : le héros solitaire et laconique, l'amour des plus démunis, des dépossédés, des perdants, et une sorte de contre-histoire permanente de la nation américaine.

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