Scénario et dessin : Neoshoco
Phantom Busters est une série toujours en cours de parution au Japon et qui a connu sept tomes à ce jour aux éditions Shueisha. Eugene Korekishi est un pragmatique petit génie des sciences qui s’apprête à intégrer le lycée de Kamakura. Cette charmante petite ville est connue pour son Grand Bouddha, ses plages et ses phénomènes paranormaux ! Le jour de la rentrée, il est sauvé d’un spectre par Mogari et Kaoru, deux camarades de classe et exorcistes à leurs heures perdues. Les comparses décident alors de fonder un club d’activité secret pour chasser les fantômes : le Phantom Busters !
Avec le tome 4 de Phantom Busters, la série de Neoshoco atteint un équilibre parfait entre humour léger et développement de l'intrigue. Ce qui avait commencé comme un manga sh?nen décontracté sur les exorcismes scolaires et l'amitié adolescente gagne en profondeur narrative, sans pour autant perdre son énergie chaotique caractéristique. Ce volume consolide le groupe principal, introduit de nouvelles dynamiques et révèle que sous l'humour omniprésent se cache une histoire capable de prendre un tournant sombre de manière inattendue. Une lecture qui confirme que Phantom Busters n'est pas qu'une simple comédie de fantômes. Pour rappel, Phantom Busters se déroule à Kamakura et suit un groupe de lycéens qui, presque par hasard, créent un club dédié aux esprits et aux phénomènes paranormaux. La série reprend de nombreux éléments classiques du sh?nen : camaraderie, situations absurdes, confrontations surnaturelles et un rythme effréné qui privilégie le divertissement. Cependant, Neoshoco parvient à doter ses personnages de personnalités bien distinctes, grâce à des dialogues percutants et à une alchimie de groupe qui évoque constamment la vitalité de l'adolescence. Le volume 4 est particulièrement important car il oblige le club à affronter une menace qui n'est pas un esprit maléfique, mais bien la bureaucratie scolaire elle-même. L'intrigue de ce volume s'articule autour d'une crise existentielle pour les Chasseurs de Fantômes : s'ils ne trouvent pas rapidement un mentor, le club sera absorbé par l'excentrique Club d'Études Ésotériques. Ce conflit, en apparence anodin, sert de prétexte idéal à une série de scènes comiques exploitant le contraste entre différentes conceptions de l'occultisme. L'arrivée du professeur Charles de Noir Mamoru, un enseignant excentrique et charismatique qui prétend avoir sauvé le monde par le passé, marque un tournant dans la série. Sa présence apporte non seulement un humour visuel et verbal, mais redéfinit également l'atmosphère du groupe et ouvre de nouvelles perspectives pour l'avenir du manga. À partir de ce moment, le récit se déploie comme une célébration de la jeunesse : petits boulots improvisés, préparatifs d’un festival d’été et moments du quotidien qui renforcent les liens entre les protagonistes. Ces scènes se distinguent par leur naturel et par la manière dont Neoshoco saisit les gestes, les silences et les plaisanteries propres à une véritable bande d’amis.
Cependant, dans la seconde moitié du volume, le ton change progressivement. Sans dévoiler d'éléments majeurs de l'intrigue, l'histoire introduit de nouveaux ennemis et une menace directe pour Mogari, montrant clairement que le danger ne se résoudra pas toujours par des plaisanteries et des courses effrénées dans les couloirs de l'école. Le tome 4 de Phantom Busters est un récit initiatique sur la quête d'identité. Sous le prétexte d'exorcisme et de surnaturel, le manga explore le besoin de trouver sa place, d'être accepté tel qu'on est, et l'importance des amis sur lesquels on peut compter dans les moments difficiles. Le contraste entre l'absurde et le sérieux est parfaitement dosé : le lecteur passe du rire au choc de façon naturelle. Cet équilibre est l'un des plus grands atouts de ce tome et démontre que la série a le potentiel d'évoluer au-delà de la simple comédie. Le dessin reste l'un des points forts du manga. Le style de Neoshoco est expressif, dynamique et particulièrement efficace dans les scènes humoristiques, où les gestes exagérés et les changements de style renforcent l'effet comique. Parallèlement, lorsque l'histoire prend une tournure plus sombre, les traits se durcissent et les compositions se font plus compactes, traduisant tension et danger. Le design du Professeur Noir est également remarquable, avec une esthétique rappelant certains personnages de mangas sombres du début des années 2000, offrant un contraste visuel très réussi au sein de l'œuvre.
VERDICT
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En conclusion, le tome 4 de Phantom Busters est un volume clé qui confirme le potentiel de la série. Drôle, attachant et d'une intensité surprenante dans son dénouement, il démontre que Neoshoco maîtrise les codes du shonen pour offrir bien plus qu'un simple divertissement éphémère. Fortement recommandé à tous ceux qui apprécient les histoires lycéennes mêlant fantastique, humour subtil et personnages auxquels on s'attache facilement. Si la série continue sur cette lancée, le meilleur de Phantom Busters est encore à venir.