Réalisé par Bryan Fuller.
Aurora ( Sophie Sloan ) a beau avertir ses parents de ne surtout pas toucher le sol car un monstre vit sous leur lit, ils n'en font qu'à leur tête. Et comme par magie, le monstre apparaît et les dévore tous les deux. Il faut agir d'urgence. Désespérée, Aurora se tourne vers son voisin ( Mads Mikkelsen ) et veut l'engager pour tuer le monstre. Après tout, elle l'a déjà vu en éliminer d'autres. Elle est loin de se douter que cet homme est en réalité un tueur à gages. Lui aussi est persuadé que le monstre est un coup monté par des assassins ordinaires qui, en réalité, le traquaient. Il trouve l'histoire absurde, mais se sent responsable de l'enfant et contacte donc sa patronne ( Sigourney Weaver )...
Il est assurément inhabituel d'attendre avec autant d'impatience les débuts d'un réalisateur. Après tout, il faut encore faire ses preuves. Bryan Fuller fait exception ; grâce à son travail sur des séries exceptionnelles comme Dead Like Me , Pushing Daisies et Hannibal , l'Américain s'est forgé une solide réputation dans le divertissement de haut niveau. Et souvent d'une manière plutôt originale. Il confirme cette réputation avec Dust Bunny , son premier long métrage. Il a cumulé la réalisation et l'écriture du scénario, créant une œuvre qui, d'une part, rappelle à plusieurs reprises ses précédents travaux. D'autre part, elle est si singulière que même certains fans resteront perplexes. Sans parler du grand public. La confusion commence par l'impossibilité de définir précisément le genre du film. Le thème du tueur à gages évoque un thriller. Le monstre mystérieux, une sorte de lapin tueur, oscille entre fantastique et horreur. Un mystère important plane, laissant le spectateur dans l'incertitude quant à la véritable nature des événements. Le film peut se révéler profondément tragique à mesure que l'on découvre le passé d'Aurora. D'autres scènes, en revanche, sont résolument comiques. En cela, Dust Bunny est à la fois tout et rien. Ce manque de résolution sera tout aussi frustrant pour certains. Bien que le film distille quelques indices sur l'intrigue, ceux-ci restent si vagues et superficiels qu'ils n'ont finalement que peu d'impact.
Les spectateurs enclins à l'interprétation s'amuseront sans doute davantage à tenter de comprendre les événements bizarres qui se déroulent dans cet appartement. Il y a bien sûr des points communs. Mais on peut aussi tout simplement se laisser aller et apprécier l'absurdité de la situation. D'autant plus que Dust Bunny, comme plusieurs séries de Fuller, est un véritable régal pour les yeux. C'est parfois sa palette de couleurs si particulière qui captive, par exemple lors de réunions conspiratrices dans un restaurant débordant de fleurs. En général, les décors sont mémorables ; on a constamment l'impression d'avoir pénétré dans un monde parallèle. Et le design du monstre est lui aussi très original. Le film souffre d'un certain manque de variété. Si le scénario est drôle en soi, il peine à se développer. On constate une répétition excessive, tant dans les dialogues que dans l'intrigue. Fuller aurait pu investir davantage dans ces aspects ; la façade, oscillant entre l'obscurité et l'éclat, ne suffit pas à la longue. Néanmoins, on peut se réjouir que ce mélange de genres original, présenté en avant-première mondiale au Festival international du film de Toronto 2025 , arrive enfin dans nos salles. Après tout, cet univers visuel s'apprécie pleinement sur grand écran. Et même si l'on aurait souhaité un propos plus profond, Dust Bunny est un premier film intéressant de Fuller, et l'on ne peut qu'espérer d'autres œuvres à venir.
VERDICT
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Dans « Dust Bunny », une jeune fille persuadée de l'existence d'un monstre sous son lit devient tueuse à gages. Le résultat est un mélange singulier de comédie, d'horreur et de mystère, visuellement assez original. Cependant, le film déçoit par son contenu. Malgré quelques éléments prometteurs, ceux-ci restent trop vagues et l'ensemble manque de variété.